Cataphractaire

Patrician Roman
vs
Gaulois

Vercingertorix par Motte

Des renforts importuns

La frontière occidentale de l'Empire étant d'un calme inhabituel depuis trop longtemps, l'occasion était belle pour l'administration Impériale de diminuer les crédits militaires au profit des dépenses de la Cour.

Face à cette dangereuse politique, le Patrice Aetius, s'était rendu à Ravenne pour essayer d'obtenir des ministres de l'Empereur les subsides nécessaires à l'entretien de son armée, seule garantie réelle de paix sur la frontière du Rhin.
Le Patrice redoutait que la facilité des temps et les arrières pensées de ces hommes perfides, subtils et hypocrites ne le conduise tout droit à un échec.
Et il ne s'était pas trompé sur ce point, car, en dehors de vagues mais néanmoins mirifiques promesses, le peu de subsides qui lui furent octroyés permettaient à peine de payer les soldes, sans autres argent nécessaire pour renouveler les équipements de l'infanterie et les chevaux de la cavalerie.
Encore avait t'il dû menacer pour se faire entendre, conscient ainsi d'encourir tôt ou tard la disgrâce Impériale, (ce dont le Patrice se souciait peu car ses soldats barbares lui manifestaient un attachement de dogue...du moins aussi longtemps qu'ils étaient payés ! ! !).
Entourés de ses guerriers Huns qui lui servaient de gardes du corps, le Patrice franchit donc de fort méchante humeur les cols des Alpes avant la mauvaise saison.

Mais le Patrice n'était pas au bout de ses peines car, une fois arrivé à Lugdunum, une surprise de taille l'attendait sous la forme d'un messager venu lui annoncer l'arrivée de renforts de l'armée d'Orient.
Des renforts ? Alors qu'il n'avait rien demandé ! ! !

En un instant la manoeuvre des ces bureaucrates se dévoilât, il devrait partager le peu de subsides qu'on lui avait alloué ! ! !

Encore heureux si cette arrivée ne cachait pas une ruse plus sournoise encore sous la forme d'un rival potentiel prêt à le trahir à la première occasion.
Compte tenu de la date d'arrivée de ces troupes et de la présence du messager à son arrivée, ce piège lui avait été tendu avant même son départ pour Ravenne ! ! !
Au prix d'un effort considérable, le Patrice Aetius décerna au messager son plus gracieux sourire en se promettant d'organiser un accueil à sa façon aux renforts d'Orient.
Ceux-ci arrivèrent d'ailleurs peu après sous la forme d'Auxiliaires Palatins, de boukellarioi Ostrogoths et de javeliniers Isauriens : des montagnards d'Arménie aptes aux coups de main audacieux dans les terrains accidentés et les forêts.

De bonnes troupes en définitive et menées par un général peu connu du nom de Bonifacius. Le Patrice Aetius après les avoir reçu fastueusement, les envoya vers la Gaule Belgique ou il espérait bien que les miasmes des marécages, la rudesse et l'humidité du climat, la férocité des incursions Franques viendraient rapidement à bout de ces renforts dangereux.
Etourdis de belles paroles, ils se mirent en route sans tarder, inconscients du sort qui les attendait.
Après avoir fait procéder à la distribution de la solde annuelle, Aetius pris donc ses quartiers d'hiver à Lutèce selon son habitude.

Les envoyés de Bretagne

La saison était avancée lorsque des envoyés du Comes Britannica demandèrent à être reçu d'urgence.
Une invasion de tribus celtiques - en fait des gaulois - venait de se déclencher de la façon la plus soudaine, alors que rien ne laissait présager une quelconque mauvaise nouvelle de cette province lointaine qui se gouvernait elle-même depuis bientôt une génération.

Mais d'ou pouvaient bien venir ces guerriers ?
On savait vaguement qu'existait de l'autre côté de la mer une terre inconnue, probablement une grande ile, dénommée Eire par les indigènes et peuplée de tribus sauvages.
On ne savait rien d'autre car ces peuples étaient tellement primitifs que même les marchands les plus rapaces se gardaient bien de les visiter de peur d'y laisser la tête, l'exhibition de têtes coupées étant le sport traditionnel local.
Ceci expliquait la surprise totale des populations et l'appel à l'aide de cette province reculée. Le Patrice Aetius aurait bien laissé les Britanniques se débrouiller tout seuls (après tout il y avait bien longtemps qu'ils n'avaient pas payés un sesterce d'impôts), mais d'un autre côté, une victoire militaire utilisant largement les renforts de l'armée d'Orient pouvait être politiquement opportune et peu coûteuse en hommes de ses propres forces.
Aussi Aetius se hâta de réunir ses vieilles bandes de rudes guerriers et ordonna la réunion de la flotte du nord pour faire traverser la mer à toute son armée. Avec légèreté, il pensait faire bon marché de ce genre de barbares dont la réputation ne pouvait se comparer aux hordes féroces qu'il était accoutumé d'affronter.
Ce fût donc avec confiance qu'il traversa le détroit de la mer du nord et remonta le long d'un fleuve en direction de ce que ses éclaireurs lui décrivaient comme une horde indisciplinée bruyante et bigarrée.
Il semblait décidément que ce peuple fut tout autant enclin à des assauts féroces contre tout ennemi en vue qu'à s'abandonner aux délices de guerres de clans internes...toutes aussi féroces d'ailleurs ! ! !

En approchant de la côte, l'armée croisait des paysans en fuite par villages entiers venant se réfugier dans des villes que la population fortifiait en hâte, l'armée du Patrice prit ses formations de combat.
Il semblait en effet que l'ennemi ne disposait pas d'une cavalerie légère capable de retarder un assaillant en gênant ses éclaireurs; aussi ce fut un jeu d'enfant que de localiser ces gaulois avec précision.

Les gaulois sont dans la plaine

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Ils avaient établis leur camp à côté du fleuve, si tant est que la réunion incertaine de huttes de branchages et de troupeaux razziés puisse être qualifiée de camp.
Le relief de ce qui serait demain le champ de bataille était peu varié, du côté gaulois une vaste plaine, du côté du Patrice, à droite, un bois le long du fleuve, au centre une colline douce et, à l'extrême gauche une broussaille.
Une telle disposition était plutôt curieuse et le Patrice supposa qu'ils voulaient pouvoir laisser paître leurs troupeaux dans la plaine, plutôt que se chercher un endroit plus facile à défendre. (note du traducteur :Le Patrice Aetius n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer de tels adversaires ce qui explique sa naïveté de penser que de telle brutes puissent faire autre chose que se ruer en avant ! ! !) .

La journée était bien avancée et chaque armée pris ses dispositions pour passer la nuit. Le Patrice sachant qu'en présence de l'ennemi les gaulois attaqueraient automatiquement imagina aussitôt un dispositif défensif/offensif.
Au cours de la réunion d'état-major tout le monde s'était accordé pour penser que le gros de l'armée gauloise serait déployé entre le bois et la colline pour une attaque massive des guerriers ordinaires (Irr Wbd F) entre la colline et le bois, suivi d'une attaque directe de la colline par l'élite de l'armée adverse, les bandes de gaesati, guerriers mercenaires fanatiques (Irr Wbd S).
Un combat de tirailleur était à prévoir dans le bois, ainsi que la couverture du camp et du flanc opposé au fleuve par la totalité de la cavalerie. Un dispositif resserré et massif ou les pertes humaines seraient nombreuses.

Face à cela, le Patrice Aetius décida de transformer la colline en môle ou viendrait se briser l'assaut adverse, aussi donna t'il l'ordre à son corps pivot constitué de légionnaires et de psiloi soutenu sur leur arrière par quelques boukellarioi (Reg Kn F) de tenir ce point du champ de bataille.
Sur sa droite entre la colline et le bois il plaça un écran d'auxiliaires palatins soutenus eux aussi par des boukellarioi.

En arrière prèts à boucher l'espace entre la légion et les auxiliaires il plaça le corps allié de l'armée d'orient prêt à agir soit séparément soit simultanément en fonction de la menace, cependant que les javeliniers Isauriens (Irr Ps S) avaient pour mission de tenir le bois. Cette disposition impliquait l'intervention de l'armée d'orient au plus chaud de la bataille.
La certitude de pertes sévères, qui plus est pour des alliés, est toujours douloureuse mais le Patrice pensait pouvoir surmonter sans difficulté cette épreuve morale après la victoire. Sur l'autre rive du fleuve des equites sagitarii (Reg LH F) avaient pour mission de retarder les troupes d'assaut en franchissant à gué et en contournant l'ennemi.

Le corps de choc avec le Patrice lui même était chargé de contourner l'ennemi par la gauche et de le prendre sur le flanc lors de son attaque en balayant au passage la cavalerie adverse. Le plan semblait logique et tout le monde s'accorda à l'approuver.

Incertitudes

Cependant au plus profond de la nuit des bruits nombreux provenaient du camp gaulois : des sons de trompe des hurlements, des bruits de sabots, des piétinements.
Réveillé par sa garde, vaguement inquiet, le Patrice fit prendre par prudence à ses troupes leurs position de combat dans l'obscurité. Sortant du camp romain encore en pleine obscurité chacun se hâte de s'équiper, de harnacher son cheval ; certains, à genoux, prient, mais la majorité des hommes se contentent d'absorber les restes du repas du soir mis de coté pour le lendemain.

Aetius sur le flanc gauche deploie devant ses bukellarioi ses auxiliaires palatins (Reg Ax S) soutenus par des psiloi. Sur la colline la légion se range en ligne derrière la ligne de crête flanquée de chaque coté par des auxiliaires palatins et soutenue à l'arrière par des boukellarioi. Plus loin, près du bois, une longue ligne d'auxiliaires, d'equites Illyricani, de boukellarioi et, en réserve le corps des alliés de l'armée d'orient.
Qu'ils y viennent ! ! !

Comme souvent dans cette province et surtout dans un automne bien avancé, une brume persistante dissimule l'ennemi dans la plaine. Seul de grands cris, des hurlements, le son lugubre des trompes, le martèlement des tambours de guerre indique sa présence.

Et puis vient le soleil, un pale soleil d'hiver, qui, timidement d'abord, puis d'un seul coup déchire la brume.
Et là c'est la surprise totale ! ! !
L'ennemi n'est pas du tout ou le Patrice l'attendait : il n'est pas entre le bois et la colline, mais juste en face de lui ! ! !
C'est une énorme masse grouillante de corps demi nus, de casques de bronze, de plaids aux dessins en damier, de boucliers décorés de volutes celtiques.
Certains entièrement nus brandissent leurs javelots et leurs épées : les Gaesati ! ! !
Ils sont protégés sur leur flanc droit par une foule de cavaliers nobles aux armures luisantes soutenus par des chars de guerre légers que le Patrice rencontre pour la première fois.

La bataille

A l'endroit ou Aetius pensait que se précipiterait l'armée adverse, il n'y a que quelques psiloi et quelques chars sacrifiés, de sa place le Patrice ne peut voir le déploiement exact de l'ennemi car déjà un druide monté sur un char élève les bras vers le ciel ! ! !

C'est un immense hurlement qui s'élève de cette énorme foule: les gaulois se ruent en avant.
Le froid de la mort saisit le Patrice : jamais il ne pourra avec un seul corps d'armée faire face à une pareille marée humaine.
En outre il n'est même pas en retrait par rapport au front de bataille, ce qui fait que le choc aura lieu avant qu'un quelconque renfort n'arrive ; quant à reculer autant sacrifier tout de suite les légionnaires qui tiennent la colline.
Le sort favorise en outre le général adverse, aucun de ses corps n'est ni hésitant ni freiné, bien au contraire ils avancent à toute vitesse.
Mais que faire ? que faire ?

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Désemparé mais prenant sur lui de n'en laisser rien paraître, Aetius donne ses ordres : ses Illricani (Reg LH O) se sacrifient en se jetant droit sur l'aile de cavalerie gauloise, les auxiliares palatins, de vieux soldats expérimentés, s'avancent pour essayer de contenir la meute pendant quelques instant quant au patrice lui même il s'avance à grande vitesse vers le centre du champ de bataille espérant pousser une attaque vers une bande de guerriers que son aile droite pourrait prendre de flanc.

Tout va alors très vite : à droite, le général qui aurait du avancer au plus vite avec ses auxiliaires se mets à hésiter devant quelques chars légers et quelques psiloi, il tâtonne manque de se faire prendre de flanc échappe de justesse à la mort.
De sa place de bataille le patrice regardait, stupéfait, les conducteurs de ces chars, le corps entièrement tatoué et les cheveux hérissés mener les chevaux en se tenant en voltige le long du timon du char cependant que le maître de guerre combat alternativement à pied ou monté en fonction de ses adversaires.
Les equites sagitarii qui avaient remonté le long du fleuve finissent par trouver un gué incertain et hésitent à traverser en colonne devant un psiloi qui les attends sur la berge.

Au centre la légion descends lentement de la colline, bloquée par quelques psiloi, cependant que l'action décisive se situe sur l'aile gauche :
La cavalerie gauloise arrive comme un torrent, tente et réussit le débordement malgré le sacrifice des Illyricani qui en retardent une partie pendant presque toute la bataille.
Au cours des premiers combats sur cette aile les auxiliaires palatins réussissent à faire des pertes à la grosse bande de guerriers mais sont finalement débordés et massacrés cependant que le même sort échoit aux bukellarioi.

Le corps du Patrice déroute devant ce raz de marée, entraînant à sa poursuite une armée entière de gaulois déchaînés, sourds aux imprécations de leurs chefs de tribus.
Tous se ruent dans un désordre indescriptible sur le boulevard qui s'offre à eux droit vers le camp romain qu'ils apreçoivent au loin.

Pendant ce temps les choses sont allées de mal en pis sur la droite : quelques combats ont lieu avec des pertes de part et d'autre, mais au cours de l'un d'entre eux, pourtant mineur, entre des Illyricani et des psiloi gaulois le général qui commande est bousculé par le recul d'une unité de cavalerie légère, ce qui compte tenu des pertes déjà constatées démoralise le corps qui s'enfuit lui aussi.

C'en est trop pour l'armée romaine qui ne peut plus faire face et s'enfuit devant ces hordes déchainées.

Que va t'on pouvoir raconter à l'Empereur ?

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