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Patrician Roman
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Etourdis de belles paroles, ils se mirent en route sans tarder, inconscients
du sort qui les attendait.
Après avoir fait procéder à la distribution de la solde annuelle, Aetius pris
donc ses quartiers d'hiver à Lutèce selon son habitude.
Une invasion de tribus celtiques - en fait des gaulois - venait de se déclencher
de la façon la plus soudaine, alors que rien ne laissait présager une quelconque
mauvaise nouvelle de cette province lointaine qui se gouvernait elle-même
depuis bientôt une génération.
On savait vaguement qu'existait de l'autre côté de la mer une terre inconnue,
probablement une grande ile, dénommée Eire par les indigènes et peuplée de
tribus sauvages.
On ne savait rien d'autre car ces peuples étaient tellement primitifs que
même les marchands les plus rapaces se gardaient bien de les visiter de peur
d'y laisser la tête, l'exhibition de têtes coupées étant le sport traditionnel
local.
Ceci expliquait la surprise totale des populations et l'appel à l'aide de
cette province reculée. Le Patrice Aetius aurait bien laissé les Britanniques
se débrouiller tout seuls (après tout il y avait bien longtemps qu'ils n'avaient
pas payés un sesterce d'impôts), mais d'un autre côté, une victoire militaire
utilisant largement les renforts de l'armée d'Orient pouvait être politiquement
opportune et peu coûteuse en hommes de ses propres forces.
Aussi Aetius se hâta de réunir ses vieilles bandes de rudes guerriers et ordonna
la réunion de la flotte du nord pour faire traverser la mer à toute son armée.
Avec légèreté, il pensait faire bon marché de ce genre de barbares dont la
réputation ne pouvait se comparer aux hordes féroces qu'il était accoutumé
d'affronter.
Ce fût donc avec confiance qu'il traversa le détroit de la mer du nord et
remonta le long d'un fleuve en direction de ce que ses éclaireurs lui décrivaient
comme une horde indisciplinée bruyante et bigarrée.
Il semblait décidément que ce peuple fut tout autant enclin à des assauts
féroces contre tout ennemi en vue qu'à s'abandonner aux délices de guerres
de clans internes...toutes aussi féroces d'ailleurs ! ! !
Il semblait en effet que l'ennemi ne disposait pas d'une cavalerie légère
capable de retarder un assaillant en gênant ses éclaireurs; aussi ce fut un
jeu d'enfant que de localiser ces gaulois avec précision.
Au cours de la réunion d'état-major tout le monde s'était accordé pour penser
que le gros de l'armée gauloise serait déployé entre le bois et la colline
pour une attaque massive des guerriers ordinaires (Irr Wbd F) entre la colline
et le bois, suivi d'une attaque directe de la colline par l'élite de l'armée
adverse, les bandes de gaesati, guerriers mercenaires fanatiques (Irr Wbd
S).
Un combat de tirailleur était à prévoir dans le bois, ainsi que la couverture
du camp et du flanc opposé au fleuve par la totalité de la cavalerie. Un dispositif
resserré et massif ou les pertes humaines seraient nombreuses.
Sur sa droite entre la colline et le bois il plaça un écran d'auxiliaires
palatins soutenus eux aussi par des boukellarioi.
En arrière prèts à boucher l'espace entre la légion et les auxiliaires il
plaça le corps allié de l'armée d'orient prêt à agir soit séparément soit
simultanément en fonction de la menace, cependant que les javeliniers Isauriens
(Irr Ps S) avaient pour mission de tenir le bois. Cette disposition impliquait
l'intervention de l'armée d'orient au plus chaud de la bataille.
La certitude de pertes sévères, qui plus est pour des alliés, est toujours
douloureuse mais le Patrice pensait pouvoir surmonter sans difficulté cette
épreuve morale après la victoire. Sur l'autre rive du fleuve des equites sagitarii
(Reg LH F) avaient pour mission de retarder les troupes d'assaut en franchissant
à gué et en contournant l'ennemi.
Le corps de choc avec le Patrice
lui même était chargé de contourner l'ennemi par la gauche et de le prendre
sur le flanc lors de son attaque en balayant au passage la cavalerie adverse.
Le plan semblait logique et tout le monde s'accorda à l'approuver.
Cependant au plus profond de la nuit des bruits nombreux
provenaient du camp gaulois : des sons de trompe des hurlements, des bruits
de sabots, des piétinements.
Réveillé par sa garde, vaguement inquiet, le Patrice fit prendre
par prudence à ses troupes leurs position de combat dans l'obscurité.
Sortant du camp romain encore en pleine obscurité chacun se hâte
de s'équiper, de harnacher son cheval ; certains, à genoux,
prient, mais la majorité des hommes se contentent d'absorber les restes
du repas du soir mis de coté pour le lendemain.
Aetius sur le flanc gauche deploie devant ses bukellarioi
ses auxiliaires palatins (Reg Ax S) soutenus par des psiloi. Sur la colline
la légion se range en ligne derrière la ligne de crête
flanquée de chaque coté par des auxiliaires palatins et soutenue
à l'arrière par des boukellarioi. Plus loin, près du
bois, une longue ligne d'auxiliaires, d'equites Illyricani, de boukellarioi
et, en réserve le corps des alliés de l'armée d'orient.
Qu'ils y viennent ! ! !
Comme souvent dans cette province et surtout dans un automne bien avancé, une brume persistante dissimule l'ennemi dans la plaine. Seul de grands cris, des hurlements, le son lugubre des trompes, le martèlement des tambours de guerre indique sa présence.
Et puis vient le soleil, un pale soleil d'hiver, qui, timidement
d'abord, puis d'un seul coup déchire la brume.
Et là c'est la surprise totale ! ! !
L'ennemi n'est pas du tout ou le Patrice l'attendait : il n'est pas entre
le bois et la colline, mais juste en face de lui ! ! !
C'est une énorme masse grouillante de corps demi nus, de casques de
bronze, de plaids aux dessins en damier, de boucliers décorés
de volutes celtiques.
Certains entièrement nus brandissent leurs javelots et leurs épées
: les Gaesati ! ! !
Ils sont protégés sur leur flanc droit par une foule de cavaliers
nobles aux armures luisantes soutenus par des chars de guerre légers
que le Patrice rencontre pour la première fois.
De sa place de bataille le patrice regardait, stupéfait, les conducteurs
de ces chars, le corps entièrement tatoué et les cheveux hérissés
mener les chevaux en se tenant en voltige le long du timon du char cependant
que le maître de guerre combat alternativement à pied ou monté
en fonction de ses adversaires.
Les equites sagitarii qui avaient remonté le long du fleuve finissent
par trouver un gué incertain et hésitent à traverser
en colonne devant un psiloi qui les attends sur la berge.
La cavalerie gauloise arrive comme un torrent, tente et réussit le
débordement malgré le sacrifice des Illyricani qui en retardent
une partie pendant presque toute la bataille.
Au cours des premiers combats sur cette aile les auxiliaires palatins réussissent
à faire des pertes à la grosse bande de guerriers mais sont
finalement débordés et massacrés cependant que le même
sort échoit aux bukellarioi.
Tous se ruent dans un désordre indescriptible sur le boulevard qui
s'offre à eux droit vers le camp romain qu'ils apreçoivent au
loin.